DESIGN

Le design japonais en première place

Le concepteur japonais nendo (avec une minuscule) est LE phénomène du monde du design contemporain. Pour nendo, une chaise n’est pas qu’une chaise, ni un vase un simple vase. Chaque objet, d’une forme parfaitement épurée, raconte une histoire, une plaisanterie... Vous pouvez actuellement admirer une rétrospective de l’œuvre de nendo au musée Le Grand-Hornu à Mons. Une première mondiale en Belgique !  

Appeler un designer un « phénomène » peut sembler quelque peu exagéré, mais c’est tout à fait approprié dans le cas de nendo. Au Salone del Mobile de cette année, l’incontournable salon annuel milanais, rendez‑vous de tous les passionnés de design, le Japonais a été accueilli comme une star de la pop.

Bien que la ville ait compté des centaines d’expositions à visiter, c’était devant celle de nendo qu’il fallait attendre le plus longtemps : sur la place qui faisait face à son showroom, la file rappelait le bon vieux jeu Snake du Nokia 3310 – un long, très long serpent. Tout le monde voulait sa part de nendo.

Designers Hot List
Ce n’est pas pour rien qu’il est en première place de la « Designers Hot List » de Dezeen, probablement le plus important des magazines de design en ligne, et qu’il a remporté plusieurs récompenses, dont « Best Domestic Design » du renommé magazine design Wallpaper et « Designer of the Year » du grand salon parisien Maison & Objet. Ses objets ont en outre été intégrés aux collections permanentes de grands musées comme le Museum of Modern Art (New York), le Musée des Arts décoratifs (Paris) et le Victoria and Albert Museum (Londres).

« Sobriété, perfection, poésie et une touche de folie : nendo incarne les mots clés du design japonais. »

Du reste, nendo n’est pas le véritable nom de ce concepteur japonais. Il s’appelle Oki Sato (39 ans). Sato a étudié l’architecture à l’Université Waseda de Tokyo, mais a décidé, en 2002, de concevoir des meubles et des objets. « Son succès a explosé dix ans plus tard », raconte Marie Pok, directrice du CID (Centre d’Innovation et de Design au Grand‑Hornu), qui organise actuellement une exposition rétrospective de nendo. « En 2012, Milan a abrité pas moins de six expositions sur lui. Tout le monde parlait de nendo, et c’est encore le cas aujourd’hui. »  

Épuré à l’extrême, mais avec humour
Mais d’où vient cette gloire mondiale ? Eh bien, nendo conçoit des objets au design ultra‑épuré, mais pas froid, contrairement à de nombreux autres designers européens. Il combine minimalisme et poésie, et insuffle une histoire au design sobre. L’installation Jellyfish Vases, que les visiteurs peuvent actuellement découvrir au Grand‑Hornu, en est un bon exemple. Il s’agit d’un aquarium contenant trente vases ultrafins en silicone, mis en mouvement par le flux léger de l’eau. Les vases flottent avec lenteur et grâce, tels des méduses qui auraient appris une chorégraphie. Le tout est incroyablement épuré, mais tout aussi poétique.

L’idée derrière ces vases de silicone est cependant très simple. En principe, on verse de l’eau dans un vase, nendo a donc pensé : « Je vais faire l’inverse. » « Chaque concept cache un petit ‘twist’ de ce genre », précise Marie. « Ce côté amusant sauve l’œuvre de trop de sévérité. L’humour, c’est important. » Ainsi, l’expo abrite aussi Flow, une collection de petites tables blanches toutes en sobriété, dont le dessus semble fondre : poétique, mais aussi plutôt rigolo. En réalité, le Japonais a même poussé l’espièglerie jusqu’à son nom : nendo signifie « pâte à modeler » en japonais. Comme un enfant, Sato donne forme aux choses.   

L’éthique japonaise du travail
Sobriété, perfection, poésie et une touche de folie : nendo incarne les mots clés du design japonais. Ajoutez à cela le fait qu’Oki Sato est une figure de proue de l’éthique japonaise du travail. En effet, Sato travaille simultanément sur quatre‑cents (!) projets. « Il est véritablement surhumain », affirme Marie. « C’est surtout un vrai bourreau de travail. » L’homme produit plus d’objets design en une année que bien des concepteurs européens dans toute leur vie.

« Oki Sato travaille simultanément sur quatre‑cents (!) projets. C’est un vrai bourreau de travail. »

Cela fait déjà quinze ans qu’Oki Sato travaille à ce rythme effréné. Chaque mois, il fait littéralement le tour du monde pour des commandes qu’il reçoit, de San Francisco à l’Europe, ou chez lui, à Tokyo. Depuis tout ce temps, sa vie est dans son sac à dos. C’est pour célébrer cette philosophie loufoque qu’il organise aujourd’hui une exposition rétrospective... au Grand-Hornu. Pas à Milan, ni à New York, ni même à Tokyo, mais sur un site minier près de Mons. Mais pourquoi ? Parce que Sato en est tombé amoureux lors d’une visite en 2015. Nendo, c’est aussi ça : aucun compromis commercial, mais une volonté de fer. Et la Belgique prend ainsi, grâce au Japon, de l’avance sur les métropoles mondiales.

nendo et Le Grand-Hornu
Le Grand-Hornu
Rue Sainte-Louise, 82
7301 Hornu (à proximité de Mons)
www.cid-grand-hornu.be

L’exposition dure jusqu’au 1er octobre

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