TECHNOLOGIE

Mirai : la première voiture à hydrogène de Toyota en Belgique

Depuis mai 2016, Hydrogenics est l’heureuse détentrice d’une Toyota Mirai. Denis Thomas, chargé d’affaires européennes et Business Development Manager chez Hydrogenics, revient sur cette première expérience unique. En tant qu’entreprise pionnière dans les technologies à l’hydrogène, il n’y avait sans doute pas mieux placé pour tester les limites de ce véhicule révolutionnaire alliant technologie et respect de l’environnement.

Que fait Hydrogenics exactement ?
Denis Thomas : « Pour faire simple, nous fabriquons de l’hydrogène à partir d’électricité. Nous construisons également des stations de remplissage d’hydrogène pour l’industrie et la mobilité lourde (camion, bus…). Et nous fabriquons des piles à combustibles que l’on peut trouver dans les véhicules à hydrogène.

Aujourd’hui, il faut savoir que la plupart de l’hydrogène utilisé est produit à partir d’énergie fossile et n’est donc pas respectueux de l’environnement. Fabriquer des véhicules ou des technologies à partir de l’hydrogène est une bonne chose. Mais la production de cet hydrogène doit également être propre sinon cela n’aurait plus aucun intérêt. Chez Hydrogenics, notre mission est justement de développer cet hydrogène à partir d’électricité renouvelée (par exemple : éoliennes), sans aucune émission de CO2. »

À quoi peut servir la technologie à l’hydrogène ?
Denis Thomas : « L’hydrogène est présent partout, même dans la margarine ! Mais aussi dans la fabrication de fertilisants, et bien sûr dans la production de carburant. L’hydrogène est fort présent dans notre industrie, mais pas forcément visible du grand public. Il y a également toute une série de nouvelles applications qui se développent, comme l’injection d’hydrogène dans le gaz naturel, par exemple. Demain, il y aura peut-être de l’hydrogène dans le gaz naturel que nous utilisons tous les jours, sans même que nous le sachions. »

En mai 2016, Hydrogenics est devenue l’heureuse détentrice de la toute première Toyota à hydrogène en Belgique. Un an et demi plus tard, quelles sont vos impressions ? Si c’était à refaire, repartiriez-vous pour un tour ?
Denis Thomas : « Sans aucun doute ! Nous sommes entièrement satisfaits de la Toyota Mirai. Ici, nous donnons l’opportunité à tous les collaborateurs de l’essayer. Nous avons déjà parcouru 35 000 km. Bien sûr, il s’agit également pour nous d’un formidable outil de promotion de l’hydrogène. Pour nous, c’est une voiture qui, aujourd’hui, est prête à conquérir nos routes. »

La Toyota Mirai se conduit-elle différemment d’un véhicule classique ? Qu’est-ce qui la différencie selon-vous ?
Denis Thomas : «Globalement, conduire une voiture à hydrogène, diesel ou essence, cela ne fait aucune différence. Même au niveau de l’autonomie, on peut parcourir toute la Belgique sans avoir besoin de la recharger. La seule différence se situe au niveau du confort. À bord de la Toyota Mirai, vous goûtez au plaisir d’une conduite silencieuse, avec une accélération particulièrement rapide et fluide. Autant d’avantages que vous ne pourrez jamais pleinement trouver dans un véhicule ‘traditionnel’. »

Et au niveau de la recharge, comment cela se passe-t-il ?
Denis Thomas : « À peu de choses près, c’est identique à un remplissage classique. Vous arrivez à la station, vous choisissez votre pompe, vous prenez le pistolet, vous le fixez à l’embout de la voiture et le remplissage se fait en trois minutes. Vous n’avez même pas besoin de rester à côté puisque le pistolet est fixé à la voiture et le remplissage s’arrête automatiquement dès que le plein et fait. »

À votre avis, pourquoi Toyota a-t-elle choisi d’investir dans le développement de véhicules à hydrogène ?
Denis Thomas : « L’élément premier est clairement le zéro émission. Le réchauffement climatique fait la une des médias et le secteur des transports en est responsable pour 30 à 40 %. Il y a donc une véritable nécessité à dépolluer le transport. Et dans la pollution, il y a deux éléments : le carburant avec les émissions de CO2 et l’utilisation du véhicule lui-même avec la pollution des villes, le smog, etc. Les véhicules électriques sont les seuls qui peuvent résoudre ce problème.

Toyota a toujours été l’un des premiers constructeurs à bouger dans ce sens, notamment avec la technologie hybride. C’est devenu un peu la référence à ce niveau dans le secteur automobile.

Je pense que Toyota a opté pour l’hydrogène pour deux raisons principales : la première, c’est tout simplement le client. La Toyota Mirai ne nécessite aucun changement d’habitude et ne demande pas davantage de temps pour la recharge. Ensuite, il y a la question de l’autonomie. La Toyota Mirai peut déjà parcourir 450 km facilement. Et je suis convaincu qu’ils arriveront très rapidement à une autonomie similaire à un véhicule classique.

Bien sûr, l’environnement doit encore évoluer pour permettre aux véhicules à hydrogène de se développer sur le marché. Mais c’est en cours et cela rendra l’expérience d’autant plus accessible à tous. »

Quels sont pour vous les avantages de la Toyota Mirai ? Pourquoi conseilleriez-vous l’utilisation d’un tel véhicule ?
Denis Thomas : « Parmi tous les collaborateurs qui l’ont testée, il n’y en a pas un seul qui ne revient pas en nous disant ‘c’est génial !’. Outre l’aspect écologique bien sûr, le confort de conduite, ce silence, cette fluidité, la rendent particulièrement agréable à conduire. Vraiment, je la conseille à 200 %. »

Comment le grand public perçoit-il la technologie à l’hydrogène selon vous ? A-t-il des craintes et, si oui, celles-ci sont-elles fondées ?
Denis Thomas : « Il y a en effet un manque cruel d’information et d’éducation pour ce type de technologie. Quand on parle de voiture à hydrogène, cela peut faire peur parfois car on associe l’hydrogène à des utilisations moins glorieuses telles que la bombe à hydrogène par exemple. L’amalgame est vite fait. Mais une fois que les gens testent par eux-mêmes le véhicule, ils en comprennent mieux le fonctionnement et toutes leurs craintes disparaissent. »

Dans la presse, nous avons pu lire que la Flandre prévoyait l’ouverture de 20 stations à hydrogène d’ici 2020. En tant que spécialiste de ce marché, pouvez-vous nous dire si cet objectif est toujours d’actualité et ce qu’il en est pour Bruxelles et la Wallonie ?
Denis Thomas : « L’objectif est en effet toujours d’actualité. Cela représente d’ailleurs une belle avancée car ça permet de voir le degré d’ambition du gouvernement par rapport à la technologie propre. C’est également une façon pour le gouvernement de donner le feu vert et d’encourager les constructeurs à se développer dans ce sens. Pour l’instant, il n’y a encore qu’une seule station publique à hydrogène, mais une deuxième verra le jour d’ici la fin de l’année chez Colruyt à Hal. Je pense que d’ici un an ou deux, on pourra déjà voir 5 ou 6 stations à hydrogène dans le pays.

La Wallonie a un objectif plus petit de 5 stations d’ici 2020. Un projet de financement vient également d’être approuvé qui permettra l’ouverture de plusieurs stations dans le Benelux. Pour Bruxelles, cela reste un peu plus compliqué. La volonté de la ville étant de limiter, voire d’éliminer les voitures, elle n’a pas encore témoigné sa volonté de développer une infrastructure pour les véhicules à hydrogène. L’environnement semble néanmoins tout à fait propice, il suffit pour cela de voir des villes comme Anvers, où apparaissent des zones de basses émissions où seuls des véhicules ‘propres’ peuvent entrer. »

Toyota

Pensez-vous que le véhicule à hydrogène représente l’avenir ?
Denis Thomas : « Oui. En fait, à terme les véhicules à hydrogène et les véhicules électriques seront amenés à se partager le marché. Et nous pourrons choisir selon nos besoins. Par exemple, pour des plus petits trajets, on pourra choisir un véhicule électrique. Si l’on souhaite se déplacer davantage, la voiture à hydrogène s’adaptera parfaitement. La technologie à hydrogène sera idéale pour les transports plus lourds ainsi que les véhicules commerciaux, de livraisons de colis, etc. Un besoin auquel ne sait pas répondre le véhicule électrique à l’heure actuelle.

Aujourd’hui à Bruxelles se dispute véritablement le futur du transport. L’Europe veut arriver à une émission quasi nulle d’ici 2050. Mais si l’on continue à vendre des véhicules polluants en 2040, il y a de fortes chances qu’ils soient toujours en circulation 10 ans plus tard ! Nous sommes actuellement dans ce que j’appellerais la première phase de déploiement avec le développement des infrastructures (stations…).

Ensuite, à partir de 2020, viendra la deuxième vague avec la création d’une offre compétitive de véhicule à hydrogène de tous types. Pour enfin arriver en 2030, où ne seront plus vendus que des véhicules électriques et à hydrogène. »

Le nom Mirai, signifiant « futur » en japonais, semble donc particulièrement bien choisi pour ce modèle résolument tourné vers l’avenir.

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